Publié le 8 avril 2026
Par Hery T.
La France et Madagascar entretiennent des liens éducatifs qui remontent à bien avant l'indépendance de 1960. Aujourd'hui encore, le français est la langue d'enseignement dans la plupart des établissements secondaires et universitaires malgaches. Et chaque année, environ 6 500 étudiants malgaches poursuivent leurs études supérieures en France — c'est le plus gros contingent d'étudiants africains francophones après le Sénégal et le Maroc.
Mais la coopération éducative, ce n'est pas que des chiffres d'étudiants. C'est un réseau de lycées français à Madagascar, des programmes de bourses, des partenariats universitaires, et de plus en plus, des initiatives d'innovation pédagogique qui tentent de moderniser un système éducatif malgache qui en a besoin.
Trois établissements principaux, tous sous la tutelle de l'AEFE (Agence pour l'Enseignement Français à l'Étranger) :
Lycée français de Tananarive — le plus ancien et le plus grand. Plus de 2 000 élèves, de la maternelle à la terminale. Baccalauréat français. Situé à Ambatobe, dans un campus de 4 hectares. La référence.
Collège français de Majunga — plus petit, mais solide. De la 6e à la 3e, avec orientation vers le lycée de Tana ou vers le système malgache.
École française de Diego Suarez — primaire et collège. Communauté française plus petite, mais établissement actif.
Ces établissements accueillent des enfants français, malgaches et de nationalités tierces. Les frais de scolarité varient entre 3 000 et 6 000 euros par an — un investissement conséquent par rapport au niveau de vie local, mais comparable aux lycées français d'Afrique.
Plusieurs dispositifs existent pour les étudiants malgaches qui veulent étudier en France :
Bourses du gouvernement français — via Campus France Madagascar. Elles couvrent les frais de scolarité, le logement et une allocation mensuelle. La sélection est compétitive : environ 150 à 200 bourses par an pour des milliers de candidats. Les dossiers se déposent entre octobre et mars pour une rentrée en septembre.
Bourses Eiffel — pour les étudiants en master et doctorat dans des domaines prioritaires (sciences, ingénierie, économie, droit). Très sélectives, mais très bien dotées : 1 181 euros par mois en master.
Bourses de l'AUF (Agence Universitaire de la Francophonie) — pour la mobilité régionale et les formations à distance. Moins connues, mais accessibles et utiles pour les étudiants qui ne peuvent pas se déplacer en France.
L'Université d'Antananarivo entretient des accords avec plusieurs universités françaises : Paris-Saclay, Bordeaux, Montpellier, Strasbourg, entre autres. Ces partenariats couvrent la recherche conjointe, les échanges d'enseignants, et les co-tutelles de thèse.
Dans le domaine de l'ingénierie, l'IST (Institut Supérieur de Technologie d'Antananarivo) collabore avec des écoles françaises pour des formations diplômantes en double diplôme. C'est encore marginal en volume, mais les premiers diplômés sont déjà sur le marché du travail — à Tana comme à Paris.
Le système éducatif malgache fait face à des défis structurels : manque d'enseignants formés, infrastructures vétustes, taux d'abandon élevé en secondaire. La coopération franco-malgache tente d'y répondre par des approches nouvelles.
Parmi les initiatives les plus intéressantes : les laboratoires d'innovation éducative qui expérimentent avec les technologies numériques dans les salles de classe malgaches. Tablettes partagées, contenus hors-ligne adaptés au curriculum local, formations accélérées pour les enseignants. C'est encore expérimental, mais les résultats préliminaires sont encourageants. Pour ceux qui s'intéressent aux recherches académiques sur ces sujets, des plateformes comme InnoEduLab documentent les travaux de chercheurs francophones en innovation éducative — un champ qui gagne en visibilité dans les universités européennes.
L'Alliance française de Madagascar, présente à Antananarivo et dans plusieurs villes secondaires, joue aussi un rôle éducatif : cours de français, certifications DELF/DALF, événements culturels. C'est souvent le premier point de contact pour les futurs étudiants qui préparent un dossier Campus France.
Si vous êtes étudiant malgache en France et que vous avez besoin de documents consulaires — transcription d'actes, légalisation de diplômes, certificat de nationalité pour une bourse — l'Ambassade traite ces demandes par courrier. Pas besoin de venir à Paris si vous étudiez à Lyon ou Bordeaux. Envoyez votre dossier avec une enveloppe pré-affranchie pour le retour.
Pour le visa long séjour études, la demande se fait avant le départ, via l'Ambassade ou le e-Visa. N'attendez pas le dernier moment — la rentrée de septembre est un pic, et les délais s'allongent.
Article par Hery T. · Publié le 8 avril 2026